Mis à jour le 1er octobre 2026
Thierry a fait poser douze spots encastrés dans son séjour nantais au printemps dernier. Il avait choisi des spots 12 V et une alimentation séparée, persuadé qu’un branchement spot LED avec transformateur était la règle. Six mois plus tard, quatre spots scintillent.
Le défaut ne venait ni des lampes, ni de la pose. Il venait d’un tri jamais fait : ces spots-là pouvaient se passer de transformateur, et celui qui les alimentait travaillait trop peu chargé pour tenir une tension stable.
Les guides sur cette requête ouvrent presque tous sur le câblage. Celui-ci commence par la question d’avant : en avez-vous seulement besoin ?
📌 L’essentiel à retenir :
tous les spots LED ne réclament pas de transformateur. Un spot 230 V à culot GU10 se raccorde directement au réseau domestique. Un spot en très basse tension, souvent 12 V, demande une alimentation dédiée placée hors des zones humides. C’est le marquage du produit qui tranche, jamais sa forme.
230 V direct ou 12 V : commencez par trier vos spots
Non, un transformateur n’est pas toujours nécessaire. Un spot LED alimenté en 230 V, typiquement à culot GU10 ou doté d’un driver intégré, se raccorde directement au réseau domestique sans transformateur. Seuls les spots en très basse tension de sécurité, souvent 12 V, réclament une alimentation dédiée placée en amont du point lumineux.
Ce guide couvre le raccordement en habitat individuel. L’éclairage de piscine et les points enterrés en extérieur relèvent de règles distinctes, que je ne traite pas ici.
Reconnaître son spot à son culot
Le culot désigne le système de connexion de la lampe. Le GU10 se verrouille par rotation d’un quart de tour et fonctionne presque toujours en 230 V direct. Le GU5.3, à deux broches espacées de 5,3 mm, s’alimente le plus souvent en 12 V.
Attention à une confusion répandue : MR16 n’est pas un culot. C’est le format du réflecteur, d’un diamètre nominal de 50 mm.
La règle souffre d’exceptions dans les deux sens : il existe des GU5.3 en 230 V et des GU10 en basse tension. Je recommande de ne jamais déduire la tension de la forme du spot. Lisez le marquage de la lampe, qui indique 12 V, 24 V ou 220-240 V, et le symbole alternatif ou continu qui l’accompagne. Un module 12 V continu sur une alimentation alternative flashe puis s’éteint.
La température de couleur, en kelvins, ne joue aucun rôle dans ce choix.
Les spots à transformateur intégré
Troisième cas : le spot vendu avec son alimentation incorporée. Vous le raccordez en 230 V comme un GU10. L’inconvénient est qu’une panne de l’électronique condamne le spot entier.
| Type de spot | Culot courant | Tension | Transformateur | Où l’employer |
|---|---|---|---|---|
| Spot secteur | GU10 | 230 V | Aucun | Séjour, couloir, chambre, cuisine |
| Spot très basse tension | GU5.3 | 12 V | Alimentation dédiée | Salle de bain en volume réglementé |
| Spot à driver intégré | Sans culot amovible | 230 V | Intégré au luminaire | Pose rapide, plafond sec |

Choisir et dimensionner le transformateur
Tension constante ou courant constant
Deux familles d’alimentations coexistent, et les confondre grille du matériel. Une alimentation à tension constante, notée CV, délivre une tension fixe de 12 ou 24 V ; le courant s’ajuste à la charge raccordée. Une alimentation à courant constant, notée CC, régule un courant fixe exprimé en milliampères, par exemple 350 ou 700 mA, et laisse la tension varier.
À ne pas confondre avec le continu et l’alternatif, qui décrivent la nature du courant, pas son mode de régulation. Un module 12 V CV sur un driver 350 mA CC fonctionnera mal, quand il ne rendra pas l’âme.
Calculer la puissance, avec sa marge
Additionnez la puissance de tous les spots du circuit, puis ajoutez une réserve. Six spots de 5 W représentent 30 W : visez une alimentation de 36 à 40 W. Cette marge de 20 à 30 % ne figure dans aucun texte normatif : elle relève de la pratique, et évite de faire travailler l’appareil à pleine charge en permanence.
💡 Conseil de chantier :
vérifiez aussi la borne basse. Les alimentations électroniques portent souvent une plage du type 20-105 VA, et la valeur de gauche est une charge minimale, pas une indication décorative. En dessous, l’appareil refuse de démarrer.
Couper le courant et vérifier l’absence de tension
Avant toute intervention, coupez le disjoncteur du circuit d’éclairage concerné, puis vérifiez l’absence de tension au point de raccordement avec un vérificateur d’absence de tension. Un tournevis testeur ne suffit pas.
⚠️ Attention :
cette étape ne se négocie pas, même pour un raccordement de cinq minutes sur un circuit que vous croyez identifié. La norme NF C 15-100 encadre les installations électriques basse tension des logements et impose cette vérification.
Le branchement spot LED avec transformateur, pas à pas
Le principe tient en deux étages : le réseau 230 V alimente l’entrée, la sortie basse tension alimente les spots. L’alimentation se place toujours en aval de l’interrupteur, jamais entre la lampe et le plafond.

Raccorder le spot au bornier basse tension
Reliez les conducteurs du spot à la sortie de l’alimentation en respectant les polarités marquées plus et moins. Sur un module en courant continu, une inversion se traduit le plus souvent par une absence d’allumage. Ce n’est pas une garantie : certains modules mal protégés encaissent mal le courant inverse. Tirez légèrement sur chaque conducteur une fois serré : une connexion qui bouge dans un plénum inaccessible se paiera au premier défaut.
Raccorder l’alimentation au 230 V
L’entrée du transformateur reçoit trois conducteurs. Le neutre est bleu clair et le conducteur de protection vert-jaune : ces deux couleurs sont réservées par la norme et ne peuvent servir à rien d’autre. Pour la phase, aucune couleur unique n’est imposée. Marron, noir ou gris sont les teintes usuelles, et vous trouverez du rouge dans les installations anciennes. Repérez la phase au vérificateur plutôt qu’à la couleur.
Le circuit d’éclairage lui-même se câble en 1,5 mm² de cuivre au minimum, protégé par un disjoncteur de 16 A au maximum, et n’accepte pas plus de huit points lumineux. Un ensemble de spots dans une même pièce ne compte toutefois que pour un point par tranche de 300 VA (partie 10, article 10.1.6.2.3) : douze spots de 5 W en pèsent un, pas douze. Sur une installation ancienne, ces contraintes relèvent d’une mise aux normes électriques plus large.
Tester avant de refermer
Remettez sous tension et vérifiez l’allumage de chaque spot avant de clipser les collerettes et de refermer le plénum. Un défaut repéré maintenant coûte cinq minutes ; repéré après la pose des douze collerettes, il coûte la soirée.
Plusieurs spots : série ou parallèle, et combien par alimentation
Dès qu’un branchement spot LED avec transformateur concerne plusieurs lampes, le montage en parallèle est la règle. Chaque lampe reçoit la même tension, l’éclairement reste homogène, et la défaillance de l’une n’éteint pas les autres. Le montage en série, où le courant traverse les lampes l’une après l’autre, ne convient qu’à des modules conçus pour, et reste l’exception en éclairage domestique.
Une dérivation par connecteurs rapides mène à chaque spot.

Faut-il une alimentation par spot ? Non, tant que la somme des puissances reste dans la plage de l’appareil, borne minimale comprise. Avec des spots de quelques watts, une alimentation correctement dimensionnée en couvre couramment quatre à huit ; avec des modèles plus puissants, le compte tombe vite. Le nombre de spots à prévoir vous donnera le total à couvrir.
Poser des spots en faux plafond
La hauteur libre entre le faux plafond et le plafond porteur, le plénum, détermine ce que vous pourrez encastrer. Aucune valeur universelle n’est imposée par la norme. Comptez 30 à 50 mm pour un spot extra-plat à alimentation intégrée, 70 à 100 mm pour un spot encastrable classique, davantage si le driver est déporté et volumineux. Sous isolant soufflé, la norme de 2024 exige un spot IP5X, protégé des poussières, ou un capot de même indice (NF C 15-100-1, article 559). Un caisson étanche à l’air, posé sous isolant, demande environ 110 à 115 mm. Ces repères viennent de poses en habitat individuel. Sur du bâti ancien à plafond irrégulier, je ne me prononce pas : l’épaisseur utile s’y vérifie point par point avant de commander.
Prévoyez aussi :
- le diamètre de découpe à la scie-cloche
- le débattement des ressorts de fixation
- un accès pour remplacer l’alimentation le jour où elle lâchera
Dernier point, le plus négligé : un spot ne se laisse pas recouvrir d’isolant s’il n’a pas été conçu pour. Cherchez un marquage autorisant le contact avec l’isolant. Le marquage F, que l’on croise encore, atteste d’une aptitude à la pose sur support inflammable et ne vaut pas autorisation d’ensevelissement.
Spots en salle de bain : volumes, TBTS et indice IP
En salle de bain, le transformateur retrouve son intérêt : l’éclairage y passe souvent en très basse tension de sécurité, la TBTS.
Les trois volumes réglementaires
| Volume | Zone | IP minimal | Éclairage admis |
|---|---|---|---|
| 0 | Intérieur de la baignoire ou du receveur | IPX7 | TBTS 12 V alternatif ou 30 V continu |
| 1 | Au-dessus du volume 0, jusqu’à 2,25 m | IPX4, IPX5 si jets directs | TBTS, source hors volumes |
| 2 | Bande de 0,60 m autour du volume 1 | IPX4 | Classe II, différentiel 30 mA |
📏 Norme DTU/NF :
ces exigences relèvent de la NF C 15-100 d’août 2024 (partie 7-701, salles d’eau). Elle s’applique dès que le permis, ou à défaut la déclaration préalable, le marché ou la commande, est postérieur au 31 août 2025 (selon Consuel).
Où loger la source
La source TBTS, transformateur ou driver, doit être installée hors des volumes 0, 1 et 2 et hors du volume caché. Elle se loge dans un placard technique ou le faux plafond voisin, jamais au-dessus de la douche. Faites valider l’implantation par un électricien Qualifelec avant de percer le plafond.

Un GU10 en 230 V n’est donc pas acceptable partout : emplacement, indice de protection et classe se vérifient ensemble. Lors d’une rénovation de salle de bain, l’implantation se décide avant le carrelage.
Remplacer une ampoule ou un spot sans toucher au transformateur
Changer une lampe grillée paraît anodin, et c’est pourtant là que se logent la plupart des scintillements que je rencontre. Le coupable est presque toujours une alimentation d’origine halogène conservée telle quelle.
Un transformateur électronique conçu pour des halogènes exige une charge minimale, souvent 20 VA. Une halogène de 35 W la fournissait sans effort. Deux LED de 5 W consomment 10 W : l’appareil ne démarre plus, ou démarre puis s’interrompt.
✏️ Mémo terrain :
la première fois que j’ai remplacé des halogènes 12 V par des LED chez un particulier, à Rennes en 2019, j’avais gardé le transformateur en place pour aller plus vite. Les deux spots se sont mis à clignoter au bout d’une dizaine de secondes, avec un léger claquement régulier dans le boîtier. Le marquage indiquait 20-105 VA. Les deux LED n’en tiraient que 10.
Je déconseille de conserver une alimentation d’origine halogène lors d’un passage aux LED. Remplacez-la par un driver dimensionné pour la charge réelle. Sur un circuit neuf, faites valider l’installation par un électricien Qualifelec.
📖 Portée de ce guide : cet article est informatif. Il ne remplace ni le diagnostic d’un électricien ni la lecture de la NF C 15-100, dont l’application dépend de votre installation et de votre logement.
Questions fréquentes
Ce qu’il faut retenir
- Un branchement spot LED avec transformateur commence au marquage du produit, pas à la forme du spot
- Une alimentation se choisit sur la tension, le mode de régulation CV ou CC, et la plage de puissance bornes comprises
- En salle de bain, la source de très basse tension sort des volumes 0, 1 et 2
Le mot de la fin : comme disait mon ancien patron de chantier, on ne rattrape pas au tournevis ce qu’on a raté au comptoir. Le matériel décide de la moitié du résultat, bien avant que le premier fil ne soit dénudé. Prochaine étape, une fois l’alimentation retenue : arrêter l’implantation au sol avant de percer.




