Artisan de dos, lunettes de protection et gants nitrile verts, passant une finition au pinceau sur un bardage en pin

Sel de bore pour traiter le bois : risques, interdiction et alternatives certifiées

Mis à jour le 05/10/2026

Le traitement du bois au sel de bore n’est plus à la portée d’un particulier. L’acide borique, le borax et l’octaborate sont classés toxiques pour la reproduction, et leur vente au grand public est interdite. Ce guide décode l’étiquette et le règlement, puis vous dit ce qui les remplace selon l’exposition de votre bois.

📌 L’essentiel à retenir :
le sel de bore ne se vend plus au grand public, car il peut nuire à la fertilité et au fœtus. Pour un bois neuf, choisissez un bois traité certifié CTB-B+ ou une essence durable, selon sa classe d’emploi. Pour un bois en place, prenez un produit biocide autorisé pour le grand public ou appelez un professionnel.

Traitement du bois au sel de bore : pourquoi il n’est plus pour vous

Le sel de bore désigne les borates vendus pour protéger le bois des champignons et des insectes : acide borique, borax ou octaborate de disodium. Le droit européen les classe toxiques pour la reproduction et interdit de les vendre au grand public.

Ce guide s’arrête au préventif : un bois porteur attaqué ou une mérule relève d’un professionnel et, pour la mérule, d’une déclaration en mairie.

Ce que dit l’étiquette : toxique pour la reproduction

Le danger du sel de bore est écrit dans le règlement européen CLP : les trois borates y sont classés Repr. 1B, avec la mention H360FD, « Peut nuire à la fertilité. Peut nuire au fœtus. » Pour l’acide borique et le borax, un mélange prend ce classement dès que ses composés du bore atteignent 0,3 %. Une idée reçue veut qu’un produit naturel soit forcément sans danger : ce classement dit le contraire, et je déconseille d’en garder à l’atelier.

Interdit à la vente au grand public, mais encore en rayon

Le règlement REACH (annexe XVII, entrée 30) interdit de fournir au grand public ces substances, seules ou en mélange, et leur emballage doit porter « Réservé aux utilisateurs professionnels ». Aucune dérogation ne vise le bois. Le règlement biocides refuse lui aussi tout produit grand public de cette catégorie.

Des paquets ont pourtant atteint les rayons : le 17 avril 2024, Rappel Conso a publié le rappel d’un borax vendu aux particuliers (« Vente interdite au grand public »). La fiche de l’INERIS sur l’acide borique résume la restriction.

L’interdiction vise celui qui vend. Un ancien paquet ne se cède à personne, ni vendu ni donné. Déposez-le en déchetterie ou dans un point de collecte des déchets chimiques, jamais à la poubelle ni dans l’évier.

Fongicide ou insecticide : savoir ce qui attaque le bois

Un fongicide agit sur les champignons, un insecticide sur les insectes dont les larves creusent le bois. Un traitement fongicide et insecticide du bois naturel, préparé à la maison, demande les deux protections à un mélange qu’aucun essai n’a contrôlé. Pour mettre un nom sur ce que vous voyez, reconnaître les champignons de charpente vient en premier.

Type de traitement Risque ciblé Exemple concret
Fongicide champignon lignivore (pourriture) ou champignon de coloration (bleuissement) pourriture cubique sur une solive humide
Insecticide capricorne, termite ou autre insecte xylophage larves de capricorne dans une charpente

Le bleuissement colore le bois parfois en profondeur, sans réduire sa résistance mécanique.

Bois traité certifié ou produit autorisé : le préventif à votre portée

Pour un bois neuf, la protection la plus sûre s’achète déjà faite : un bois traité certifié CTB-B+ ou une essence durable, adaptés à la classe d’emploi. Pour un bois déjà posé, un produit biocide autorisé pour le grand public prend le relais ; si ce bois est attaqué, appelez un professionnel.

Les produits certifiés CTB-P+ ne vous sont pas destinés. Cette marque de l’Institut technologique FCBA repose sur des essais d’efficacité normalisés, et ses listes en vigueur ne connaissent que l’usage professionnel ou industriel. La certification CTB-B+ porte sur le bois traité : selon le guide du FCBA sur la préservation, elle garantit « une préservation efficace pour un usage et une durée de service attendus ». Une essence naturellement durable, prise hors aubier (la partie extérieure du tronc, jamais durable), comme le douglas, le mélèze, le chêne ou le châtaignier selon la classe, peut se passer de traitement, hors risque de termites.

Lire l’étiquette avant d’acheter

Pour un bois, cherchez deux mentions : la certification CTB-B+ et la classe d’emploi visée. Pour un produit à appliquer, l’étiquette d’un biocide autorisé donne son numéro d’autorisation et ses usages permis (règlement biocides, article 69). Elle précise aussi, le cas échéant, les catégories d’utilisateurs auxquelles il est limité. S’il est réservé aux professionnels, il n’est pas pour vous, même s’il vous fait de l’œil en rayon.

Appliquer sur un bois sec, protégé

Un produit de préservation s’applique sur un bois sec : contrôlez l’humidité du bois à l’humidimètre et suivez les instructions d’emploi de l’étiquette. Portez les équipements de protection que demande l’étiquette : des gants contre les produits chimiques (norme NF EN ISO 374-1 de février 2017) et des lunettes. Ajoutez un masque si la notice l’indique. Travaillez dehors ou dans une pièce bien ventilée.

⚠️ Attention :
même vendu au grand public, un produit de traitement du bois reste un biocide. Respectez le délai que l’étiquette fixe avant le retour des personnes et des animaux dans la zone traitée, ainsi que sa durée de ventilation.

Classe d’emploi : quel bois, quel traitement

La classe d’emploi décrit l’exposition d’un bois en service : c’est sa fiche de poste, au sec, sous la pluie ou les pieds dans la terre. La norme NF EN 335 de mai 2013 en définit cinq, de l’intérieur au contact de l’eau de mer. Pour un bois dehors, trois comptent.

Les cinq classes d'emploi du bois selon la norme NF EN 335, avec la situation du bois et des exemples d'ouvrages
Classe d’emploi Situation du bois Traitement adapté
3.1 extérieur, sans contact du sol, séchage rapide bois traité en surface par son fournisseur (CTB-B+) et finition entretenue, ou essence durable
3.2 extérieur hors sol, humidification prolongée bois traité en autoclave
4 extérieur, en contact avec le sol ou l’eau douce bois traité en autoclave

D’après le guide du FCBA, le risque de champignons et de pourriture concerne les parties d’un ouvrage maintenues à plus de 20 % d’humidité pendant d’assez longues périodes. Prenons un bardage de chalet en pin, exposé à la pluie mais qui sèche vite. Il relève de la classe 3.1 : un bois traité en surface par son fournisseur et une finition entretenue suffisent. Posé au contact du sol, il passe en classe 4, et seul un bois traité en autoclave tient.

Bois autoclave : quand il s’impose

En classes 3.2 et 4, seul un traitement en profondeur tient : l’autoclave, une cuve industrielle où le produit est imprégné sous vide puis sous pression. Je recommande d’acheter le bois déjà traité : un pinceau ne traite que la surface.

💡 Conseil de chantier :
commandez le bois traité aux bonnes longueurs. Chaque découpe ou perçage fait après le traitement met le bois à nu : traitez la surface ouverte avec un produit adapté, que le fournisseur du bois vous indiquera.

Bois déjà attaqué ou mérule : le relais du professionnel

Un bois qui s’effrite, des filaments blancs ou une odeur de champignon dans une pièce humide signalent une attaque en cours. Sur une pièce porteuse, poutre, solive ou poteau, je déconseille toute tentative maison : un professionnel mesure l’étendue des dégâts et traite en curatif, avec des produits réservés à son métier.

La mérule demande une vigilance de plus. Ce champignon forme un mycélium blanc d’aspect cotonneux, et le bois qu’il attaque devient léger et friable. Dès qu’il en a connaissance, l’occupant doit en faire la déclaration en mairie (Code de la construction et de l’habitation, article L126-5) ; à défaut d’occupant, elle revient au propriétaire. Le ministère de la Transition écologique détaille cette obligation. Avant d’engager des travaux, je recommande un diagnostic mérule par un professionnel.

❌ Erreur fréquente :
nettoyer à l’eau de Javel un bois couvert de filaments blancs. Sur la mérule, elle n’agit pas et favorise même sa croissance.

Solutions naturelles : ce qu’elles font, et leurs limites

Vouloir fabriquer un fongicide naturel pour le bois part d’une bonne intention, mais les preuves manquent. Un produit certifié CTB-P+ a passé des essais d’efficacité normalisés ; un mélange préparé chez soi n’en a passé aucun, contre les champignons comme contre les insectes. Je ne me prononce donc pas sur l’efficacité d’une recette maison.

Ingrédient Ce qu’il fait Limite Source
Huile de lin finition qui protège la surface de l’humidité n’entre pas dans les produits de préservation, qui contiennent un agent biocide écoconso
Huile essentielle de tea tree effet sur les champignons du bois mesuré en laboratoire efficacité limitée dans l’essai publié BioResources, 2014
Sel de bore produit de préservation du bois toxique pour la reproduction, vente interdite au grand public règlements CLP et REACH
Mélange maison variable selon la recette aucun essai d’efficacité normalisé référentiel CTB-P+

À l’huile de lin, une finition hydrofuge protège la surface sans remplacer la préservation : elle met un ciré au bois, pas une armure.

Pinceau posé sur des planches en partie enduites d'un produit de protection, dans l'herbe d'un jardin

Remplacer le Xylophène : ce qu’on peut comparer

Chercher une alternative écologique au Xylophène commence par l’étiquette. Je ne classe pas les marques, faute d’avoir lu la fiche technique de chacune. Comparez quatre points : les substances actives, l’usage préventif ou curatif, le numéro d’autorisation du produit biocide et les catégories d’utilisateurs permises. Méfiez-vous d’un bidon qui se dit « naturel » ou « non toxique » : le règlement biocides interdit ces mentions sur l’étiquette.

Questions fréquentes

Ce qu’il faut retenir

  • Le traitement du bois au sel de bore n’est plus pour les particuliers : il ne se vend plus au grand public.
  • Bois neuf : bois traité certifié ou essence durable selon la classe d’emploi, bois autoclave s’il reste humide ou touche le sol.
  • Bois en place : produit autorisé pour le grand public, et un professionnel dès qu’une pièce porteuse est attaquée.

Ma formule pour finir : le bon traitement commence chez le marchand de bois.

Dominique
Dominique

Artisan multi-corps d'état depuis plus de 20 ans et fondateur de Dolum.fr. Basé dans le Grand Ouest, passionné de rénovation et de mobilier vintage.