Travaux déductibles des impôts pour votre résidence principale : ce qu’il faut savoir

Mis à jour le 1er octobre 2026
Au 1er octobre 2026, aucuns travaux réalisés dans votre résidence principale ne se déduisent de votre revenu imposable, même si beaucoup l’espèrent en tapant « travaux déductibles impôts résidence principale ». Cinq leviers existent : TVA réduite, primes, prêt sans intérêts, exonération de taxe foncière dans certaines communes et crédit d’impôt de 50 % sur les petits travaux. Les primes viennent de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) ou d’un fournisseur d’énergie.
Laurent, propriétaire d’une maison des années 1970 à la sortie de Nantes, m’a montré l’an dernier ses devis de fenêtres et d’isolation de combles. Il comptait sur une ligne « déduction impôts ». Elle ne correspondait à rien : la seule économie fiscale de son chantier était déjà imprimée en bas du devis, dans le taux de TVA. Tout tenait à un mot, déduction, que les annonces de travaux emploient à tort. Les guides en ligne listent encore des dispositifs fermés ; celui-ci fait le tri, case de déclaration comprise.
📌 L’essentiel à retenir :
en résidence principale, les travaux ne se déduisent pas du revenu. Restent la TVA à 5,5 ou 10 %, MaPrimeRénov’ ou MaPrimeAdapt’, l’éco-PTZ, le crédit de 50 % des petits travaux et, selon la commune, l’exonération de taxe foncière.
Travaux déductibles impôts résidence principale : ce que dit la loi
Aucun texte fiscal ne permet de retirer de votre revenu imposable le coût de travaux faits dans votre propre logement, isolation, peinture ou salle de bain compris. Les avantages passent par la facture, une prime, un prêt, une exonération locale ou un crédit d’impôt ciblé. Les travaux déductibles des impôts sur le revenu concernent un autre public : les bailleurs.
Déduction, réduction, crédit d’impôt : trois mécanismes différents
Une déduction diminue le revenu sur lequel l’impôt est calculé. Une réduction d’impôt diminue l’impôt lui-même, sans remboursement si vous ne payez rien. Un crédit d’impôt fonctionne comme la réduction, mais l’excédent vous est versé. Un artisan qui parle de « déduire vos travaux » ou de défiscalisation pense en général à l’une des deux dernières.
Propriétaire bailleur ou occupant : pourquoi la règle change
Le bailleur imposé au régime réel peut déduire ses travaux d’entretien et d’amélioration de ses revenus fonciers, et créer un déficit foncier. Le propriétaire occupant n’a pas de loyer sur lequel imputer la dépense : aucune déduction d’impôt pour travaux ne s’applique à lui. Je ne me prononce pas sur les montages de bailleur : ce n’est pas ma spécialité, un conseiller fiscal saura vous répondre.
Les aides qui remplacent la déduction en 2026
Faute de travaux déductibles en résidence principale, l’argent public passe par des primes, un prêt et, dans certaines communes, une exonération de taxe foncière.
| Dispositif | Nature | Pour qui | Montant ou taux | À déclarer ? | Source |
|---|---|---|---|---|---|
| MaPrimeRénov’ | prime Anah | propriétaires, selon revenus | selon revenus et travaux | non | anah.gouv.fr, 2026 |
| Prime énergie (CEE) | prime d’un fournisseur d’énergie | tout occupant, artisan RGE | selon travaux et revenus | non | service-public.gouv.fr, 06/2026 |
| Éco-PTZ | prêt sans intérêt | sans condition de ressources | jusqu’à 50 000 €, 15 ou 20 ans | non | economie.gouv.fr, 06/2025 |
| Exonération de taxe foncière | votée par la commune | logement de plus de 10 ans | 50 à 100 %, 3 ans | non, demande avant le 1er janvier | service-public.gouv.fr, 09/2026 |
| TVA réduite | taux sur facture | tout occupant | 5,5 % ou 10 % | non | service-public.gouv.fr, 03/2025 |
| Emploi à domicile | crédit d’impôt | tout foyer | 50 % des dépenses | oui, case 7DB | impots.gouv.fr, 07/2026 |
| MaPrimeAdapt’ | aide Anah | seniors, handicap, revenus modestes | 50 % ou 70 % | non | anah.gouv.fr, 2026 |
MaPrimeRénov’ : une prime de l’Anah, pas une ligne de votre déclaration
MaPrimeRénov’ a remplacé le crédit d’impôt transition énergétique, supprimé au 1er janvier 2021. La demande se fait en ligne avant le début des travaux, auprès d’un artisan RGE (Reconnu garant de l’environnement), et la prime ne se déclare pas. Depuis le 1er septembre 2026, la rénovation par geste ne finance plus que les pompes à chaleur et le raccordement à un réseau de chaleur. L’isolation passe désormais par une rénovation d’ampleur, avec au moins deux gestes d’isolation (selon le guide des aides de l’Anah, septembre 2026). Faites chiffrer la pompe à chaleur par un chauffagiste certifié RGE, sans quoi la prime tombe.
Pour une isolation seule, la prime énergie reste ouverte. Financée par les certificats d’économies d’énergie (CEE), elle est versée par un fournisseur d’énergie si un artisan RGE fait les travaux. Acceptez son offre avant de signer le devis. Elle se cumule avec l’éco-PTZ, pas avec MaPrimeRénov’ en rénovation d’ampleur (selon service-public.gouv.fr, 2026).

L’éco-prêt à taux zéro : emprunter sans intérêts
L’éco-PTZ finance jusqu’à 50 000 €, remboursables sur 15 ans, ou 20 ans en rénovation globale ou avec MaPrimeRénov’. Il est accordé sans condition de ressources jusqu’au 31 décembre 2027, pour un logement achevé depuis plus de deux ans et des travaux confiés à une entreprise RGE. Le dossier se monte avec la banque, selon la fiche éco-PTZ de France Rénov’.
Votre commune peut exonérer de taxe foncière, de 50 à 100 % pendant trois ans, un logement achevé depuis plus de dix ans. Il faut avoir payé plus de 10 000 € de travaux d’économie d’énergie l’année précédente, ou 15 000 € sur trois ans. Encore faut-il qu’elle l’ait votée : la demande se fait au centre des impôts fonciers avant le 1er janvier.
MaPrimeAdapt’ a pris la place du crédit d’impôt adaptation
Le crédit d’impôt de 25 % pour une barre d’appui ou un siège de douche s’appliquait aux seules dépenses payées jusqu’au 31 décembre 2025. MaPrimeAdapt’ prend le relais pour les 70 ans et plus, les 60-69 ans selon leur degré d’autonomie et les personnes handicapées, sous condition de revenus modestes. Elle couvre 50 % ou 70 % des travaux, dans un plafond de 22 000 € HT. Les conditions de MaPrimeAdapt’ imposent un accompagnateur et une demande avant travaux. Le crédit d’impôt pour l’adaptation du logement couvrait aussi les travaux prescrits par un plan de prévention des risques technologiques. Cette branche reste ouverte, à 40 %, jusqu’au 31 décembre 2026.
TVA à 5,5 % ou 10 % : l’avantage que vous voyez sur le devis
La TVA réduite est le seul avantage fiscal que tout occupant obtient sans démarche auprès des impôts. Il suffit que le logement soit achevé depuis plus de deux ans et que l’entreprise facture elle-même les travaux.
Quels travaux à 5,5 %, lesquels à 10 %
Le taux de 5,5 % couvre l’amélioration de la performance énergétique : isolation, fenêtres performantes, chauffage par énergie renouvelable. Le taux de 10 % couvre les autres travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d’entretien. Agrandissement et construction neuve restent à 20 %.
Depuis février 2025, une mention suffit
Pendant des années, j’ai vu des clients oublier l’attestation de TVA et payer 20 % sur un chantier qui ouvrait droit à 10 %. Depuis la loi de finances 2025 (loi n° 2025-127, art. 41), elle n’est plus exigée pour les travaux commencés après le 16 février 2025. Une simple mention sur le devis ou la facture suffit ; les formulaires 1300-SD et 1301-SD restent seulement admis à sa place. Vérifiez qu’elle figure sur votre devis avant de signer.
Ce qui reste à 20 %
L’électroménager reste au taux normal, même encastré : un four glissé dans un meuble ne devient pas un mur pour autant.
Une chaudière au gaz ou au fioul neuve est facturée à 20 % depuis le 1er mars 2025, son entretien restant à 10 %.
💡 Conseil de chantier :
je déconseille d’acheter vous-même carrelage ou fenêtres pour « économiser ». Vous payez 20 % de TVA au lieu de 10 % ou 5,5 %, et l’artisan ne garantit plus la fourniture. Sur un lot de 8 000 € HT de fenêtres isolantes, l’écart atteint 1 160 € de TVA.
Petits travaux et jardinage : le crédit d’impôt de 50 %
La vraie exception « crédit d’impôt » vise les petits travaux faits chez vous par un salarié ou un organisme de services à la personne. Vous récupérez 50 % des dépenses, dans un plafond général de 12 000 € par an, en résidence principale comme secondaire. Deux sous-plafonds s’appliquent (selon impots.gouv.fr, avril 2026) :
- 500 € par an et par foyer pour le petit bricolage, avec des interventions de deux heures au plus ;
- 5 000 € par an et par foyer pour les petits travaux de jardinage.
Je recommande le crédit de 50 % pour l’entretien d’un grand terrain : il rembourse la moitié de la facture, sans condition de revenus. Un artisan classique facturant un chantier n’entre pas dans ce cadre. Le détail figure sur la page emploi à domicile des impôts.
Peinture, cuisine, toiture : les travaux qui ne rapportent rien aux impôts
Aucun de ces trois postes n’ouvre droit à un crédit d’impôt ; seule la TVA réduite, une aide énergétique ou une exonération de taxe foncière allège la note.

Peinture et décoration
Repeindre un séjour ou poser du papier peint relève de l’entretien : TVA à 10 % si une entreprise fournit et pose, rien de plus. Les travaux de peinture déductibles des impôts en résidence principale n’existent pas, même dans les annonces les plus enthousiastes.
Cuisine et salle de bain
Les meubles de cuisine bénéficient du taux de 10 % seulement s’ils sont incorporés au bâti dans une installation complète. Une salle de bain refaite ne rapporte rien de plus aux impôts. Seule son adaptation à la perte d’autonomie peut être aidée, par MaPrimeAdapt’, sous conditions d’âge ou de handicap et de revenus. Au printemps 2025, un client près d’Angers m’a appelé après avoir refait sa salle d’eau pour 9 000 € : il comptait les retrouver en partie sur sa déclaration. Seule la TVA à 10 % avait joué, et la facture le mentionnait déjà.
Toiture, fenêtres, isolation : seulement via les aides
Une toiture refaite à l’identique passe à 10 %. Si vous isolez au passage, par exemple en choisissant d’isoler par-dessus la charpente, le taux tombe à 5,5 % et l’éco-PTZ devient possible. Pour la façade, voyez le ravalement de façade et impôts.
Quelle case remplir sur la déclaration de revenus ?
À la déclaration de 2027, sur les revenus de 2026, seuls deux dispositifs de travaux passent par une case : l’emploi à domicile et les travaux PPRT.
Ce qui se déclare, et dans quelle case
Les dépenses d’emploi à domicile vont en case 7DB, et les aides perçues en case 7DR ; le détail par activité se fait sur la 2042 RICI. Les travaux prescrits par un plan de prévention des risques technologiques vont en case 7WL.
Ce qui ne se déclare jamais
Quatre avantages ne passent par aucune case :
- MaPrimeRénov’ se gère avec l’Anah, sur le site France Rénov’ ;
- l’éco-PTZ se règle avec la banque ;
- la TVA réduite se joue sur le devis de l’artisan ;
- l’exonération de taxe foncière se demande au centre des impôts fonciers.
Les erreurs qui coûtent au contrôle
Gardez devis et factures jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant les travaux : ils justifient la TVA réduite. Vérifiez l’assurance décennale de l’entreprise avant le premier acompte.
❌ Erreur fréquente :
inscrire le montant de MaPrimeRénov’ dans une case de crédit d’impôt. La prime a déjà été versée par l’Anah : la déclarer revient à la demander deux fois.
Questions fréquentes
Avant de signer votre devis
Avant de signer, adressez-vous à un conseiller France Rénov’ : l’avis est gratuit. La vraie réponse à « travaux déductibles impôts résidence principale » se lit sur le devis, pas sur la déclaration. Mon conseil : l’argent qu’on attend du fisc se compte quand il est arrivé, pas avant.



